Un point c’est tout.

À l’oral, la voix donne vie à nos joutes verbales. Les rend piquantes ou pertinentes. Sur le papier, l’exercice n’est plus le même ! Plus de voix pour accompagner de jolis mots ! Heureusement Zénodote, Aristophane et Aristarque, les trois grammairiens d’Alexandrie, sont venus, il y a quelques milliers d’années, rehausser la pâleur de nos écrits.

Man screaming after losing his train
Le train du style est parti sans toi, Gérard. Tu n’as pas su avoir la ponctuelle ponctuation.

Puis, les signes de ponctuation ont vu leurs règles être modifiées, complétées et codifiées. Bien plus récentsqu’Éthos, Pathos, Logos ou Legenda, les signes de ponctuation actuels sont restés inchangés depuis le siècle du Roi Soleil – dont la punchline  » L’État c’est moi  » – fait toujours sensation. Ce sont les jeunots de la bande… et pourtant, ils sont indispensables aux rhéteurs !

La ponctuation et sa maîtrise hasardeuse
Respirer, marquer une pause, insérer une intonation montante ou descendante : ce sont les quelques missions des signes de ponctuation. Ils ont pour responsabilité de rendre plus lisible un texte, restituer les palpitations de la passion ou encore faciliter l’appropriation du rythme. Car la ponctuation organise le discours pour faire correspondre ce que nous lisons avec ce que nous entendons. C’est ce qu’on peut appeler « la troisième articulation du langage ». Le petit plus qui fait que notre écrit devient vivant à l’oral.

Alors, c’est quoi les règles ? 
Si vous voulez faire une courte pause dans votre phrase, optez pour la virgule. Pour un temps de réflexion ou un moment dramatique, pensez au point-virgule. Les deux points, quant à eux, sont les maîtres du suspense. À l’instar de la bande-son d’un film qui change de rythme, ils annoncent la réponse à toutes nos attentes : une explication, une énumération, une citation.

Quand il s’agit de finir une phrase, de nouveaux outils s’offrent à nous. Le point final pour clore la discussion avec un ton descendant et le passage à une autre idée. Comme son nom l’indique, c’est définitif. Rien à ajouter. Les points de suspension indiquent une phrase stoppée en pleine écriture, une hésitation, une désillusion, une énumération dont on ne voit pas le bout… Le point d’interrogation relance la conversation (ou le monologue si c’est une question rhétorique). Et l’idole des jeunes, des révolutions, des réseaux sociaux, de la tragédie, du sentiment, du débordement : le point d’exclamation !