Quand Logos rencontre Mythos…

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Mythe et discours sont intimement liés. D’abord, d’un strict point de vue étymologique, le muthos signifie justement… discours ! Après le passage de ce bon vieil Homère, le terme va tendre à se réduire pour n’être plus que spécifiquement le discours du conteur, du récit.

Un autre grand nom de la Grèce antique, le beaucoup plus rébarbatif Platon, opposera par la suite deux types de discours : les vrais et les mensongers. Le Logos d’un côté, donc, un discours logique, une affaire de raisonnement, et de l’autre le Mythos, qui s’adresse à l’imagination et joue sur la force de persuasion. Mythos, c’est un peu l’ancêtre de Pathos, mais avec des buts tout de même plus nobles.

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Fais comme Gérard, crois en ton héros intérieur…

Anthropo… quoi ?

C’est que le mythe, tout imaginatif qu’il soit, se veut malgré tout explicatif. Un bon moyen de donner un peu de sens à des événements qui n’en avaient pas encore à cette époque sombre où Google n’existait pas pour répondre à toutes les interrogations de l’humanité. On peut ainsi distinguer la cosmogonie, les mythes qui expliquent la création du monde, la théogonie, qui raconte la naissance des dieux, ou encore l’anthropogonie, qui relate l’apparition de l’homme (ainsi en est-il du mythe de Prométhée).

Woaw, le mytho !

Là où les mythes deviennent très intéressants, c’est qu’ils sont toujours utiles aujourd’hui, alors même que nous disposons de toutes les explications rationnelles dont nous avons besoin. Le mythe moderne a bien changé, évoluant en instrument de manipulation plutôt qu’en outil d’explication. Le mythe moderne est devenu celui d’épopées guerrières, d’événements glorieux. La Révolution française en est un bon exemple : oubliés les faits historiques et leurs potentielles controverses, seul reste dans l’imaginaire collectif le mythe fondateur d’une République née de l’assaut légendaire mené sur une prison pourtant quasi déserte.

Pire, le mythe devient même un outil de propagande. Tantôt fasciste, il exalte la Nation ou justifie une certaine supériorité. Tantôt communiste, lorsqu’il invente le stakhanovisme, qui glorifie les exploits d’un brave mineur pour vanter les vertus du modèle soviétique. Mais ne nous gargarisons pas trop, car cet outil de propagande est aussi l’apanage des démocraties. Après tout, notre régime actuel est lui-même fondé sur le mythe d’un berceau démocratique antique né à Athènes, où l’on connaît pourtant le sort réservé aux femmes et aux esclaves.