Me voilà donc arrivé devant un charmant motel. Bon, ok, charmant n’est sans doute pas le terme le plus approprié, mais difficile de faire la fine bouche en ce moment. En plus, il y a même une piscine. Que demande le peuple !

Il faut se rendre à l’évidence, je vais devoir m’établir quelques jours dans le coin pour reprendre des forces. Et remplir un peu plus mon sac de provisions, l’opossum, c’est goûteux, mais ça pourrit vite. Quelle idée de perdre mon temps dans ce foutu labo Arkos Pharma ! Quand je pense qu’avec cette armure assistée, j’aurais pu parcourir des dizaines de kilomètres en quelques heures ! J’aurais peut-être même découvert ma distillerie, si ça se trouve !

Un squelette fait de la musculation dans la salle de sport du motel.
C’était bien la peine de s’infliger tout ça…

La procrastination est vraiment le pire fléau de l’humanité, y compris après la fin du monde. Ou alors, c’est juste moi. C’est sans doute pour ça qu’ils sélectionnaient « les meilleurs » pour survivre dans les abris. Enfin, rien ne sert de courir, il faut partir à point. Si tant est que ça veuille encore dire quelque chose. Vu la tronche des lièvres et des tortues aujourd’hui, avec les mutations, je ne suis pas certain que ça soit toujours très pertinent.

Such a lovely place…

La bonne nouvelle, c’est que le coin a l’air relativement en bon état. Traduire : c’est moche, sale et délabré, mais ça n’est pas infesté par un tas de zombis ou je ne sais quelle autre créature peu ragoûtante. Le squelette de l’ancien tenancier est encore là, assis sur la chaise de l’accueil comme si de rien n’était. Le crâne porte encore une casquette du plus bel effet aux couleurs du motel.

Un cafard géant.
Celui-là, on ne va pas tenter de le faire cuire.

Je ne m’embarrasse pas outre mesure et me contente de passer derrière le bureau pour me servir dans les clés. Je suis vite déçu en constatant qu’il n’y a même pas de chambres de standing, uniquement des pauvres mansardes standardisées et laides à souhait. Pour une fois que je n’avais pas à payer…

Such a lovely face…

Mon choix s’est finalement arrêté sur une chambre au deuxième étage, avec vue sur les environs. Non, ça n’est pas par pure coquetterie, maintenant j’ai compris, ce fichu monde n’est pas très accueillant, alors mieux vaut être prudent. D’ici, je peux canarder n’importe quelle menace qui arriverait un peu trop près. En parlant de menace, mieux vaut inspecter en détail les lieux.

Il y a même une « salle de sport ». C’est bien équipé dis donc. Bon, ok, la salle en question est juste un pauvre cagibi avec un appareil de musculation, déjà occupée par le squelette d’un crétin de bodybuilder.

La pièce abrite un tas d’autres locataires : des cafards géants, à peu près gros comme mon avant-bras. Au regard qu’ils m’ont jeté lors que j’ai ouvert la porte, je crois bien que leur régime alimentaire a lui aussi un peu évolué… Je referme à clé sans demander mon reste.

Gerard prend son bain dans la piscine de l'hôtel.
Elle est bonne, promis.

Bon, de toute façon, je ne comptais pas vraiment faire de sport. Flemmarder dans la piscine, ça fera très bien l’affaire niveau activité physique. Comment ? Ma distillerie ? Ma réserve de nourriture ? Bah, on commencera à chercher demain.