Gerard, Fallout 76 et l’usurpation d’identité

La marche à pied, ça n’est clairement pas mon truc. Si seulement j’avais pu trouver du carburant pour cette fichue voiture… Inutile de se raconter des histoires, je suis complètement paumé. Je repense à ce séminaire de team building, avant la guerre, dans ma boite d’assurance. Si j’avais su, je n’aurais pas séché l’activité course d’orientation pour aller conter fleurette à la secrétaire.

Accrobranche en Virginie-Occidentale

Bref, Virginie-Occidentale oblige, je me retrouve assez vite au fin fond de la forêt. Je croise les doigts pour ne pas tomber sur une bestiole plus grosse que les taupes mutantes. À ma grande surprise, je tombe sur l’un des sites privilégiés des fameuses séances de team building de feu mon entreprise : un terrain d’accrobranche. 

Parcours d'accrobranche Fallout 76
Vous savez comment on se casse une jambe ? Gerard, lui, saura bientôt.

Piqué par la curiosité, et saisi d’une pointe de nostalgie, je prends quelques instants pour parcourir le chemin forestier. Vingt ans ont passé, et cet endroit est pour ainsi dire identique. Je pourrais presque visualiser mon directeur général, alors qu’il hurlait en dévalant une tyrolienne. Pauvre homme, ses assurances-vie et ses multiples bonus ne doivent plus beaucoup lui servir à l’heure qu’il est.

Un DG en or

Cela dit, le fameux directeur général était un tyran méprisant envers le service communication, donc envers moi, alors je ne vais pas le regretter non plus. Et puis, accessoirement, je suis mal placé pour le pleurer. Théoriquement, la place dans l’abri 76 était pour lui. Mais disons que j’étais là au bon endroit, au bon moment. En particulier lorsque le type de Vault-Tec Corporation est venu porter le formulaire d’intégration. Oui, je sais, c’était pas bien, et franchement pas corporate !

Mettez-vous à ma place aussi ! Pourquoi la survie était-elle forcément réservée à ce dandy aussi riche que beau, sportif et brillant ? Un peu d’égalité de temps en temps, c’est pas mal non plus ! Ça a dû leur faire une sacrée surprise, dans l’abri, de se retrouver à la place avec un bras cassé alcoolique dans mon genre. De toute façon, l’idée même de réunir la prétendue « élite »des États-Unis pour tout reconstruire ensuite était franchement bidon. 

Et puis à quoi bon reconstruire, s’il n’y a même pas quelques rigolos dans mon genre pour s’intéresser aux vraies choses importantes, comme ma fameuse distillerie?

La communication version calibre .308

Trêve de rêveries. J’entends un tas de bruits franchement pas rassurants. Du genre que faisaient les gus à la peau carbonisée que j’avais croisé près du fleuve. Et la nuit commence à tomber…

Tir au fusil sur un zombie de Fallout 76
Poule !

Les mains fermement calées sur mon fusil de chasse, je me mets en direction de ce qui me semble être la ville la plus proche. J’ai perdu ma mallette C.A.M.P et si je veux un abri, il va falloir se bouger.

Très vite, je tombe sur l’un des fameux simili-zombies. Je ne cherche ni à tenter de communiquer, ni à parlementer, je me contente de lui exploser la cervelle, et de courir, vite, très vite. Je commence sérieusement à me demander si c’était une si bonne idée que ça de voler l’aller simple de mon boss pour ce monde apocalyptique.