Début de salariat chez Rhêtorikê

Businessman made redundant fired after dismissal

Businessman made redundant fired after dismissalJ+10 chez Rhêtorikê. Fini le temps de la mansuétude pour le petit nouveau : on me signifie qu’il est temps de mettre la main à la pâte en rédigeant mes propres chroniques. Soit. Se faire engager comme rédacteur pour ensuite rechigner à rédiger, ce serait un comble ! Et j’ai même déjà un bon sujet en perspective, puisque j’ai eu la chance ce midi de découvrir une des meilleures adresses du Mans, le bistrot de la Vieille Porte. Problème : les rubriques culinaires sont déjà la chasse gardée de ma partenaire Mégaëline. Bref, c’est compris, impossible d’y couper, il va falloir évoquer un sujet plus personnel. Comme le fait d’être tout juste diplômé depuis 24 h, ce qui n’était pas forcément gagné.

Remettons les choses dans leur contexte : J-1 chez Rhêtorikê, c’est la panique à bord. Je reviens tout juste de vacances qui n’avaient rien de reposant, je dois débarquer dans une ville que je ne connais pas et mon appartement est encore à moitié vide. Pour couronner le tout, je commence un travail très éloigné non seulement de mon apprentissage comme collaborateur politique, mais aussi de mes études à forte composante juridique. Le tout assorti d’une soutenance de mémoire en vue pour la semaine à suivre. En bref : des conditions optimales pour commencer dans la vie active. Coup de chance, pour me rassurer, j’ai déjà une amie dans la place en la personne de Mégaëline (leçon d’un ancien collab’ politique n° 1 : le népotisme, c’est bien). Autre coup de chance, j’ai le droit à un accueil chaleureux de la part de toute l’équipe, il faut l’avouer : mes patrons sont adorables (leçon d’un ancien collab’ politique n° 2 : léchez des bottes, c’est bien).

S’en suit une courte période de légère navigation à vue : passer d’une vaste institution parfois lente et aux outils peu développés à une petite équipe dynamique et moderne, c’est un sacré changement. Mais on s’y fait vite, le travail ne manque pas et l’intérêt est là… être jeté directement dans le grand bain a ceci de bon qu’on apprend vite.

C’est à J+8 chez Rhêtorikê (soit J-1 avant la soutenance si vous avez bien suivi) que les choses se gâtent. Pas sur le plan du travail, oh non, là-dessus, tout est sur les rails, mais plutôt au sujet de la dernière étape avant l’obtention de mon master. J’ai sans doute eu la mauvaise idée de rédiger un mémoire portant un regard un chouïa trop cynique sur le monde politique, tant et si bien qu’on a tenté de faire annuler ma soutenance de mémoire à moins de 24 h de la date prévue (leçon d’un ancien collab’ politique n° 3 : avoir une prose tranchante, c’est pas bien). Des conditions idéales pour aborder l’ultime épreuve d’une vie universitaire, vous en conviendrez. Heureusement, les professeurs d’université ne sont pas des gens qui aiment particulièrement les intimidations, et je bénéficiais du soutien total de l’équipe Rhêtorikê. Finalement, c’était là les seuls ingrédients nécessaires pour réussir triomphalement.

À l’issue d’un road trip jusqu’à Orléans aux côtés d’Aurélie et de Mégaëline, elle et moi avons brillamment passé nos soutenances (leçon d’un ancien collab’ politique n° 4 : se jeter des fleurs, c’est bien). Un repas de la victoire au Burger King du coin plus tard, et nous étions repartis pour Le Mans.

Nous revoilà donc à ce fameux J+10 chez Rhêtorikê, ou J+1 après la fin des études, si vous préférez. Certes, ma tête est maintenant mise à prix au sein de ma précédente structure, mais il faut voir le bon côté des choses : j’ai eu le temps de visiter un peu Le Mans, j’ai rempli mon appartement et je vais même avoir un joli diplôme à encadrer. Et puis j’ai une place plutôt sympa chez Rhêtorikê, et ça, c’est franchement pas mal.